Certes, il n’y a pas de politique sans les moyens de sa politique.

Mais limiter sa pensée et ses ambitions politiques aux seuls moyens dont on dispose est le syndrome des petits esprits, de ces individus qui, selon moi, n’ont rien à faire en politique ! Nous subissons un monde dirigé par une poignée de capitalistes qui ont littéralement infantilisé les dirigeants de la planète, et qui considèrent les budgets des États comme de l’argent de poche accordé aux politiciens sages et obéissants. Qu’ils calment leurs populations et se fassent réélire avec la distribution annuelle, à condition qu’ils se plient à la règle absolue : « Voilà ton argent de poche, débrouille toi avec ça, tu n’auras pas plus ! »

POUR UNE FISCALITÉ JUSTE: ​ Tous les dirigeants des pays, jadis prospères, ont accepté cette fatalité d’une action publique sous contrainte budgétaire, une contrainte fixée par ceux qui distribuent les places du pouvoir. Cette servilité des politiciens a généré deux effets : l’extinction de tout projet politique ambitieux sur cette planète, et la souffrance des peuples qui n’ira que grandissant ! Il est temps que les choses changent ! Mais pour faire changer les choses, il faut penser autrement et savoir porter un regard différent sur la fiscalité, comme pour la monnaie dont j’ai eu l’occasion de vous entretenir. C’est devenu un lieu commun que d’aspirer à une fiscalité plus juste qui, d’une part, soulagerait les classes moyennes et leur rendrait du pouvoir d’achat, et d’autre part soulagerait les portefeuilles des fortunes qui vagabondent entre les paradis fiscaux et les marchés financiers. ​

LE POUVOIR D'ACHAT, UNE PRIORITÉ :​ Le premier volet d’une justice fiscale est connu depuis des lustres, les solutions sont gravées dans les manuels. En abaissant la TVA sur l’agroalimentaire made in France sur les loyers, et sur les services de proximité... En divisant la première tranche de l’impôt sur le revenu (imposée à 14%), en trois tranches progressives imposées à 5, puis 10, puis 15 pour cent... c’est plusieurs milliards de pouvoir d’achat qui serait rendu à tous les Français ! Cette une mécanique simple, facile à mettre en oeuvre, plébiscitée tous les économistes, et dont nul ne conteste l’efficacité immédiate ! Pourtant, voilà l’exemple emblématique d’une solution évidente et faisant consensus, mais qui est systématiquement écartée. Écartée et bloquée par qui ? Par les hauts fonctionnaires de Bercy ! Pourquoi ? Parce c’est autant d’argent, facile à attraper pour le Trésor public, auquel il faudrait renoncer. ​

LUTTER CONTRE L'ÉVASION FISCALE : ​ Le second volet de la justice fiscale revient régulièrement dans les médias comme un serpent de mer et se résume au voeu pieu de la lutte contre l’optimisation et l’évasion fiscales. Là encore, tout le monde adhère à l’idée. Aucun politicien n’oserait défendre ouvertement ces fortunes qui s’accumulent en échappant à l’impôt. Mais pour le passage à l’acte, on ne trouve plus personne... Sauf les énarques de Bercy, qui se cacheront derrière l’impossibilité juridique et technique d’attraper cet argent-là ! Attraper l’argent ! Voilà, le mot est lâché !

L’ATTRAPABILITÉ : Tel est le seul concept véritable qui prévaut en matière de fiscalité. Peu importe les critères ou les taux d’imposition censés justifier le principe d’égalité devant l’impôt, ce n’est que l’écran de fumée. Le vrai principe de l’impôt est beaucoup plus simple. « Si je te tiens à ma pogne, je te matraque ! Si tu me glisses entre les doigts, je te laisse courir ! » Pour en finir avec cette duperie, qui disqualifie dangereusement la légitimité même de l’impôt, nous devons penser l’impôt de manière différente. Cela signifie jeter aux oubliettes les vieilles règles du droit fondamental, dont la traduction aligne des taux, des barèmes, des tranches, des critères d’imposition, d’exonération, et ne retenir que le principe d’attrapabilité, puis renverser son approche, par des moyens ajustés à la cible et à l’objectif de recouvrement. Ou plus simplement : « Si telle ou telle fortune, si telle ou telle entreprise, peut être soulagée de 5 ou 10 milliards au bénéfice du Trésor public, peu importe comment je justifie l’assiette de ces 5 ou 10 milliards, seul compte les moyens que je mettrais en oeuvre pour les capter.» ​

L'ATTRAPABILITÉ PAR L'AUDACE : ​ Sachez que ces moyens-là, ils existent ! Certains relèvent déjà d’un dispositif légal, mais ne touchent que de petites cibles, d’autres sont moins orthodoxes mais d’une redoutable efficacité, et d’autres sont rendus possibles grâce aux technologies de la circulation de l’information, qui servent aussi à la circulation de l’argent...Mais nous en reparlerons ! Vous entendrez bientôt parler de nouveaux outils tels que : le ciblage fiscal, l’article d’exception (dédiés à un contribuable nominatif), l’extraterritorialité de la poursuite fiscale (assortie des mesures conservatoires jugées nécessaires), l’ATD numérique sur les transactions (quel que soit le montant), le verrouillage du marché français pour motif fiscal, la saisie sur flux financier... Et bien d’autres réjouissances qui ajouteront au traditionnel coup de chalut, le plaisir sportif de la pêche au gros ! En intégrant massivement à l’inspection générale de Bercy, une équipe déterminée et bien récompensée de simples hackers, il serait facile de remplir les caisses d’au moins 180 milliards d’euros. C’est cela, renverser le principe de l’attrapabilité. Comme vous le voyez, en matière fiscale, il n’est pas difficile de sortir des sentiers battus et des règles infligées par les autres. C’est juste une question d’audace. Un vieil adage dit qu’il est plus facile de prendre un euro à un million de personnes que de prendre un million d’euros à une personne. C’est une vérité, surtout pour les lâches, les paresseux et les esprits étriqués. Ils préféreront toujours glisser la main dans les petits porte-monnaie que de faire ouvrir les coffres-forts. Une bonne justice fiscale est une condition nécessaire pour l’acception de l’impôt par l’ensemble du corps social de la Nation. Une condition nécessaire, mais pas suffisante. L’autre mode de recouvrement de l’impôt doit impérativement passer par le principe de l’impôt volontaire et dédié. Tout contribuable (entreprise ou particulier) devrait pouvoir disposer d’une partie de sa contribution fiscale selon ses propres choix, dès lors que ses choix d’affection de son impôt s’inscrivent dans l’intérêt général du pays. La généralisation d’un principe de l’impôt volontaire, impliquant une part fortement défiscalisée sur l’imposition globale, aurait la vertu d’introduire l’idée de liberté en contrepoids de la vision peu valorisante d’un impôt toujours punitif. LE

LIBÉRALISME TUE LE SOCIAL : ​ L’autre pilier de l’État providence, c’est la protection sociale. Aujourd’hui, notre système social est l’un des plus protecteur au monde. Il est moins gangrené que nos services publics, cependant il n’a jamais été autant menacé qu’aujourd’hui. Menacé par Bruxelles qui nous harcèle avec ses exigences de “réformes structurelles“. De ce jargon d’eurocrâte, traduisez le dictat libéral suivant : « Gouvernements de tous pays, faites la chasse à vos pauvres ! »Cette chasse aux pauvres que l’on diabolise en les traitants d’assistés, cette rengaine lancinante accusant les Français de siphonner l’assurance maladie, de se gaver d’allocations, de se rouler dans les milliards du chômage... Cette insulte permanente contre le Gaulois réfractaire qui aurait l’outrecuidance de vouloir prendre sa retraite avant de tomber malade, contre le smicard qui ne traversent pas la rue pour toucher un demi-smic... Ce bourrage de crâne répétant en boucle que le pays est endetté... Que vous tous, Français, vous êtes bien coupables de l’endettement du pays ! Sachez que ces discours, ces mensonges, ces imprécations cyniques, ne sont pas le résultat d’un constat, et encore moins l’expression d’un regard sur la réalité... Ce n’est que du venin idéologique, le venin de l’idéologie libérale, un poison, et une escroquerie monumentale.

RÉCONCILIER LES FRANÇAIS AVEC L'IMPÔT : ​ La réconciliation des Français avec l’impôt n’est possible qu’en accordant ces degrés de liberté à tous les contribuables, qui sont autant des acteurs économiques que des acteurs de la chose publique, et qui seraient désireux d’introduire des convictions et du sens dans leur contribution. À cet égard, les dispositifs existants sont trop timides et se limitent au mécénat culturel défiscalisé alors qu’il y a tant à créer pour préserver nos patrimoines, développer la recherche par des exonérations ciblées mais très importantes... La Gauche patriote entend élargir cette approche à tous les domaines qui relèvent de l’intérêt général tels que : la défense du patrimoine, l’action sociale, la santé, l’éducation, l’environnement, la cause animale, les services publics, et tant d’autres domaines jusqu’à, pourquoi pas, les fonctions régaliennes de l’État. Par ailleurs, l’impôt volontaire ne doit pas être vécu comme un acte isolé et noyé dans la masse fiscale. Chaque entreprise, grande ou petite, chaque particulier, grand ou petit contribuable, peut associer sa contribution à une cause, la promouvoir, et amplifier son efficacité en lançant des cagnottes en ligne, qui seront en prise directe avec l’administration fiscale. Comme vous le voyez prélever un bon impôt, un juste impôt, un impôt consenti, ne relève pas du fantasme et ne condamne pas celui-ci à cacher sa honte dans les taxes indolores. C’est seulement une question d’audace et de créativité ! La réhabilitation de l’impôt est un grand objectif de la Gauche patriote, et un objectif qui légitime naturellement cet État providence que nous appelons de nos voeux. ​