Qu’est-ce que l’État stratège cher aux Patriotes ? Sa définition est fort simple : « Un État stratège défend et protège son économie nationale par tous les moyens qu’il peut mettre en oeuvre. » Une définition facile à retenir ! Défendre et protéger est la justification même de l’existence d’un État. À quoi sert un État si, depuis ses frontières, il ne protège pas ses citoyens et leurs activités humaines. Tous ceux qui réfutent cette évidence travaillent, consciemment ou inconsciemment, à la destruction de l’État !

Les missions protectrices de l’État s’appliquent à la sécurité physique des biens et des personnes, mais également à leurs activités économiques, cela participe du même devoir, de la même nécessité... Vous laisser croire que l’on pourra défendre votre vie sans protéger les moyens de la gagner, en exposant notre économie à tous les vents est le plus grand mensonge du discours libéral.

Cela, parce que tout est étroitement imbriqué. Quelle est la valeur d’une armée, si son armement dépend de l’industrie de ses voisins ? Quel est le poids d’une industrie de l’armement qui ne s’appuierait pas sur une industrie lourde indépendante, avec l’accès garantie aux matières premières ? Et cela vaut aussi pour l’énergie, les transports, les infrastructures, les ports et aéroports, l’eau potable, et l’autosuffisance alimentaire.

Les contours de l’État imposent donc une chaîne de maillons interdépendants, et dont chaque maillon ne doit dépendre ni d’une puissance étrangère, ni d’une propriété étrangère, mais toujours rester sous le contrôle de la puissance publique, c’est-à-dire de la souveraineté démocratique du peuple. Tel est le socle de la philosophie de l’État stratège : la préservation de chaque maillon de la chaîne, sans laquelle la sauvegarde du pays serait impossible en cas d’agression.

J’affirme que tous les voyous qui ont vendu ou qui cherchent à vendre au plus offrant, nos transports, nos aéroports, nos gares, notre réseau électrique ou nos turbines nucléaires ont été, sont, et seront coupables de haute trahison envers leur pays ! Qu’il s’agisse de l’affaire Alsthom, ou celle d’Arcelor, celle de Lafarge, des chantiers de l’Atlantique, et tant d’autres affaires de liquidation à la sauvette... viendra le jour où certains dirigeants passés et actuels devront comparaître en haute cour, pour haute trahison !

Connaissez vous le nom de notre ministre de l’industrie ? Ne cherchez pas ! Il n’y en a pas, il n’y en a plus ! Le dernier s’appelait Christophe Sirugue, il n’était même pas ministre mais Secrétaire d’État. Lui et son administration ont été liquidé en mai 2016 par Emmanuel Macron. En jetant aux oubliettes le Ministère français de l’Industrie, Macron a envoyé un message clair. Il n’a cure de l’industrie de ce pays. Il a décidé de l’abandonner aux capitaux étrangers, une besogne qu’il avait déjà commencée au sein l’équipe Hollande. Macron a planifié l’enterrement de l’industrie française, et avec elle les 2,7 millions de salariés (plus les intérimaires) qui devront bientôt “traverser la rue“ pour servir des hot-dog dans les brasseries. Dès lors, puisque que tous ces gens vont crever, pourquoi Macron s’encombrerait à maintenir leur Ministre de tutelle.

Par cette décision, violement symbolique, il a sonné l’ouverture de la chasse ; une chasse dont le gibier est la somme des fleurons de notre industrie et des brevets qui leur sont attachés. La catastrophe est en cours. Alors pour qui travaille vraiment Macron ? Pas pour la France ! Qui le paie pour faire ça ? Nous le saurons un jour !

L’État stratège établit deux formes de protection des activités relevant de l’économie nationale. La première est la protection du corps vital de notre pays. La seconde est la préservation de nos atouts pour l’avenir. Protéger son corps vital, c’est se doter des moyens de se défendre soi-même sans être tributaire de quelque autorité extérieure à la souveraineté nationale. Dans ce monde instable et violent, la France doit pouvoir répondre à toutes les formes d’agressions, coup pour coup, et surtout décider librement de la manière dont elle y répond. Il n’est pas tolérable de devoir soumettre l’utilisation de notre porte-avion au bon vouloir de l’industrie américaine qui peut, ou non, fournir des pièces détachées du porte-avion dont ils ont la fabrication exclusive... Il n’est pas tolérable que des règles de concurrence qui régentent tout en Europe, empêche l’État de mobiliser sous sa seule autorité, nos infrastructures de transport, nos raffineries ou le réseau électrique. Dans l’hypothèse d’une agression majeure, nécessitant des mesures d’exceptions, tel que le “couvre-feu“ ou des transports de matériels, ce n’est pas au Pdg allemand de la Vattenfall, ou de la RWE, de nous dire si on a le droit de couper le courant, et quand le remettre. Ce n’est pas à la Deutsche Bahn de nous dire lesquels de nos trains aura le droit de rouler ! Or, l’addition des abandons de souveraineté orchestrée par les idéologues libéraux et la lâcheté de nos technocrates, nous a conduit à un niveau de dépendance telle, qu’il met tout simplement la patrie en danger !

Aujourd’hui, la notion d’intérêts vitaux de la France est tombée en désuétude, seul un État stratège peut la rétablir, en ne lâchant rien, et en reprenant tout ce qui participe à la puissance autonome de la France, cela jusqu’au dernier boulon qui sera fixé sur nos missiles nucléaires ! Le général De Gaulle qualifiait les États de monstres froids. Je file sa métaphore en ajoutant que chez les monstres froids, les plus forts avalent les plus faibles sans état d’âme. Lorsque nous serons devenus trop faibles, parce que trop dépendants, nul sur cette planète ne viendra au secours de la France !

La seconde forme de protection de nos activités humaines est la préservation de nos atouts pour l’avenir. Là encore, c’est de l’État stratège dont nous avons besoin. Et je ne crains pas de lâcher le mot qui suscite toujours l’hystérie chez les Castafiores du libéralisme, ce mot c’est : PROTECTIONNISME !

Le protectionnisme n’est ni un gros mot, ni un fléau biblique, ni une déclaration de guerre mondiale. Le protectionnisme est, et a toujours été, une nécessité ponctuelle, circonstancielle, et indispensable au développement d’une ou de plusieurs activités économiques émergeantes. Le protectionnisme, c’est juste veiller à la sauvegarde de son propre avenir et à ceux de ses citoyens. Cela nous ramène à une histoire aussi vieille que le monde. « Là où je suis faible, je me protège... »

Formule que les puissances comme les États-unis complètent : « Et là où je suis fort, j’empêche les faibles de se protéger ! » C’est ainsi qu’entre 1865 et 1920, les USA ont couvé leur industrie par le protectionnisme, avant d’inonder l’Europe avec leurs produits manufacturés. La Corée du Sud s’inspira de la même méthode dans les années 60 et 70, avant de se convertir aux évangiles du libre-échange et conquérir les marchés occidentaux. À l’inverse, aucune industrie n’a pu pousser sur le continent africain auquel nous avons imposé, depuis l’ère coloniale, l’ouverture permanente et sans défense de leur économie à toutes les cupidités du commerce international.

Combien de temps faudra-t-il encore aux médiocres qui nous gouvernent, pour enfin comprendre que ce libre-échange masochiste détruit notre industrie, détruit nos savoir -faire, détruit nos campagnes, notre environnement, et qu’il détruit toute perspective d’avenir pour la France... Alors, qu’est-ce que l’État stratège doit protéger ?

Primo, toutes nos industries détenant des brevets exclusifs, et dont la technologie est convoitée par des appétits étrangers. Ces prédateurs livrent une guerre sans merci à ces industries, étouffant leurs marchés par le dumping et fragilisant leur capital. Les désavantages concurrentiels combinés aux besoins de trésorerie, voilà la proie facile qui sera agressée, puis absorbée, démantelée, suçotée tel un coquillage, pour enrichir une technologie devenue étrangère et qui nous échappera définitivement...

Secundo, nos industries émergeantes. Dans tous les domaines relevant des nouvelles technologies, du numérique à la robotique, en passant la biotech ou l’impression 3D, le génie français est à la pointe des innovations. Cependant, dans ce système de libreéchange, on peut déjà parier que les multinationales qui s’enrichiront avec les progrès en germe ne seront pas françaises... Nos misérables start-up se développent rarement au-delà de la phase R&D, avant de se faire casser les jambes par la concurrence. Les plus veinards se font acheter, les autres iront crever au cimetière des beaux projets. Si nous voulons que nos entreprises innovantes atteignent une taille suffisante pour se défendre elles-mêmes, la France doit leur réserver un marché exclusif et protégé durant plusieurs années. Le champ fraîchement ensemencé doit être défendu contre les saccages des corbeaux. Cela m’amène à l’agriculture bio, à l’agroalimentaire du futur. Sur une planète de 8 milliards d’habitants, le pays qui sera capable de fournir de la nourriture saine et non empoisonnées par les multinationales américaines sera le leader mondial de l’alimentation humaine. Or, la France dispose des atouts pour devenir ce pays. C’est pourquoi, l’on voit déjà les corbeaux tourner autour de notre agriculture biologique afin de la maintenir en situation de non-compétitivité, de la noyer dans un océan de contrefaçons et de labels bidons, et pour finir d’empoisonner nos terres avec la bénédiction de Bruxelles.

Vous l’avez compris, si nous ne sauvons pas nos industries de pointe, nos industries émergeantes et notre agriculture haut de gamme, la France n’aura aucun avenir. Cette sauvegarde n’est possible que sous l’abri de nos frontières rétablies, l’application de taxes douanières dissuasives, bref : le protectionnisme ! Évidemment, les adorateurs libre-échangistes agiteront l’éternel chiffon rouge qui affole les peuples avec ce slogan simpliste : « Le Protectionnisme, c’est la guerre ! » Il n’y a pas de mensonge plus énorme !

L’argument repose sur la seule référence à la décennie 1930-1939, où coïncidèrent les tensions politiques et les restrictions douanières, sans jamais prouver que ces dernières étaient la cause des premières et non l’inverse. Avec malhonnêteté, ils écartent toutes les longues périodes de paix, où le protectionnisme fut bien plus sévère que dans les années 30.

Un peu de bon sens ! Les risques de guerre dans ce monde sont réels et multiples. Leurs causes objectives sont déjà identifiées. Si un conflit majeur devait survenir, il faudrait d’abord cocher une dizaine de cases “motifs de guerre“, avant d’incriminer les taxes douanières.

En fait, ce sont les libre-échangistes qui sont en retard d’une guerre.

Le prochain protectionnisme ne vise plus des États, il cible directement, précisément et distinctement ces groupes capitalistes dont la puissance surpasse désormais celle des États. La chose est-elle possible ? Au risque de vous surprendre, la chose est possible et relativement facile à mettre en oeuvre, qu’il s’agisse de biens matériels ou immatériels. Deux exemples...

La France veut interdire son marché au géant Amazon. En bloquant tous les colis siglés Amazon aux frontières terrestres, les ports et les zones de fret. On bloque d’abord, et l’on discute ensuite, sans solliciter la médiation de Washington... On ne verra jamais une multinationale demander à ses clients de prendre les armes pour faire la guerre à toute une Nation !

Deuxième exemple : peut-on chasser Google de l’espace internet français ? La réponse est oui ! Il suffit de bloquer ce moteur de recherche à partir des distributeurs de connexions internet qui opèrent tous sous licence de l’État français. Mais peut-on remplacer Google par un autre moteur de recherche, aussi puissant, aussi performant, aussi universel ? La réponse est encore oui ! Ce moteur de recherche, existe déjà ! Ses algorithmes sont plus pertinents que ceux de Google, et en plus il est Français ! Mais là encore, au lieu de lui construire un marché sous abri, nos dirigeants préfèreront laisser crever cette jeune entreprise, et laisser ses cerveaux s’exiler en Californie. Un État stratège est un État qui pratique le protectionnisme.

Un protectionnisme ciblé, intelligent, agile et adapté aux circonstances du moment, négociable et jamais définitif. C’est cela l’État stratège !