Bonjour,

Se revendiquer de la gauche patriote, c’est évidemment militer pour un État fort, un État omniprésent, un État-Nation constituant la colonne vertébrale de la République et le ciment de la société française, en deux mots un État providence !

Oui, la gauche patriote appelle à l’État providence qu’elle tient pour l’aboutissement raisonnable et évident de toute société avancée.

Depuis trop d’années, les idéologues libéraux dénigrent à l’envie (avec le mépris au bord des lèvres) cet État providence que nous appelons de nos voeux.

Leur rêve secret est la destruction de l’État, afin de lui substituer la seule loi du marché, la seule loi du plus fort ! Notre projet est à l’exact opposé de cette entreprise de liquidation.

Un État providence s’appuie sur deux piliers.

Premièrement, des services publics d’envergure, en développement permanent, et accessibles à tous.

Deuxièmement, une protection sociale et des prestations d’un niveau suffisant jusqu’à l’éradication totale de la pauvreté...

Hélas, force est de constater que ces piliers, attaqués, insultés, sabotés, grignotés de toutes parts, sont sur le point de s’effondrer.

La police est incapable d’assurer ses missions. La justice se clochardise. L’école publique se désagrège. L’hôpital tombe en ruine. Les bureaux de poste ferment les uns après les autres. La désertification des administrations françaises s’étend plus vite que le Sahara. Les transports sont découpés en rondelles, pour être liquidés et vendus à des patrons voyous...

Plus grave encore, voilà des années qu’aucun investissement d’ampleur nationale n’a été accompli dans nos infrastructures vitales. Nos routes, nos ponts, nos canaux, le réseau d’électrification et ses centrales, le système de distribution d’eau potable ou du gaz de ville, notre réseau ferroviaire, et tant d’autres équipements nécessaires à la simple continuité du pays, sont en danger, vieillis, décrépis...

La maintenance s’apparente à des interventions désespérées, au rafistolage de fortune..

Les risques s’additionnent et ils sont terrifiants. Le temps est proche où, comme pour le pont de Gênes, surviendront des catastrophes majeures.

J’appelle un sursaut des Français, car nous allons bientôt dépassé le point de non retour Nous sommes en situation d’urgence, et dans la nécessité de mettre en oeuvre un plan massif de sauvegarde des services et équipements publics, et du retour impératif des infrastructures stratégiques dans le giron de l’État...

Si nous continuons à dévaler cette pente fatale, sous les applaudissements vicelards des libéraux, la déliquescence de la sphère publique aboutira à la destruction de l’État, et par là même, à la fin de notre République.

Seul le retour à la planification prévoyant de régénérer, voire de récréer, l’ensemble des actions nécessaires de l’État, cela dans un délai de cinq ans, évitera la descente aux enfers de notre pays et le chaos.

Ce plan exigera des moyens colossaux... Nous n’aurions jamais dû laisser le gouvernail de la France à des technocrates médiocres qui ont un tableur excell à la place du cerveau.

Telles des thermites, ces incapables diplômés ont fait leur carrière en grignotant les charpentes de l’État. Imperceptiblement, années après années, budgets après budgets, reporting après reporting, ils n’eurent comme obsession que la réduction des moyens alloués aux services de l’État, et de s’aveugler sur l’idée inepte qu’on peut diminuer des moyens en maintenant l’efficacité et la quantité d’un service.

Bien au contraire, chaque fois qu’on ampute 10% de moyens, cela se traduit par une détérioration de 30% du service initial. Cet effet d’inertie se constate également en sens inverse, car après un rabotage de budget, 30% de moyens en plus n’apportera que 10% d’amélioration du service.

Lorsque la spirale de la paupérisation d’un État a été enclenchée, inverser ce cercle vicieux devient difficile et toujours plus coûteux. Ce constat, quelques-uns de ces technocrates qui gèrent la France à coup de ciseau l’ont déjà fait ! Cependant, ils se gardent bien de reconnaître leurs dévastations, puisque leur ascension dans la carrière ne récompense que les dégâts qu’ils laissent.

L’autre pilier de l’État providence, c’est la protection sociale.

Aujourd’hui, notre système social est l’un des plus protecteur au monde. Il est moins gangrené que nos services publics, cependant il n’a jamais été autant menacé qu’aujourd’hui.

Menacé par Bruxelles qui nous harcèle avec ses exigences de “réformes structurelles“. De ce jargon d’eurocrâte, traduisez le dictat libéral suivant : « Gouvernements de tous pays, faites la chasse à vos pauvres ! » Cette chasse aux pauvres que l’on diabolise en les traitants d’assistés, cette rengaine lancinante accusant les Français de siphonner l’assurance maladie, de se gaver d’allocations, de se rouler dans les milliards du chômage...

Cette insulte permanente contre le "Gaulois réfractaire" qui aurait l’outrecuidance de vouloir prendre sa retraite avant de tomber malade, contre le smicard qui ne traversent pas la rue pour toucher un demi-smic...

Ce bourrage de crâne répétant en boucle que le pays est endetté... Que vous tous, Français, vous êtes bien coupables de l’endettement du pays ! Sachez que ces discours, ces mensonges, ces imprécations cyniques, ne sont pas le résultat d’un constat, et encore moins l’expression d’un regard sur la réalité...

Ce n’est que du venin idéologique, le venin de l’idéologie libérale, un poison, et une escroquerie monumentale ! Ces escrocs proclament : « avant de distribuer la richesse, il faut d’abord créer de la richesse ! ». Mensonge ! La richesse est déjà là, et depuis des décennies... Sa source principale résulte des gains de productivité, c’est-à-dire d’une efficacité au travail de chaque salarié de ce pays, qui n’a cessé d’augmenter, et de façon exponentielle durant ces 40 dernières années.

La question n’est pas de créer de la richesse, la question est de contraindre ceux qui se sont goinfré cette richesse de la partager !

Ce pays pourrait demain, multiplier par deux tous les minimas sociaux que la richesse globale de la France n’en serait même pas entamée !

Alors... pourquoi la chasse aux pauvres ? Pourquoi le dynamitage de notre système de retraites. Pourquoi le tri entre les bons et les mauvais malades ? Pourquoi culpabiliser les smicards et traquer les chômeurs ? Le libéral arrogant, le recouvreur de dettes, le premier de cordée égoïste, seraient-ils autant de sadiques ?

Hélas, la réponse est plus terrifiante encore. La casse des minimas sociaux, et de toutes nos protections sociales ne vise pas à affamer les pauvres, elle vise la classe moyenne ! Le discours libéral rêve à voix haute d’une abolition du SMIC et d’une suppression progressive des allocations chômage. Lorsque cela arrivera, ce sera la multiplication des petits jobs, avec embauche à la journée, et un salaire fixé non pas selon la loi ou la compétence du salarié, mais selon la longueur de la file d’attente des candidats au même emploi.

Brûler le code du travail, exploser toute sécurité sur les salaires, mener des rafles dans les bureaux de Pôle Emploi et faire hurler la détresse des chômeurs en les massant sur le trottoir des entreprises, aboutirait à un bénéfice facile à calculer !

À savoir, des millions de salariés qui accepteront de diviser leurs salaires par deux, des ouvriers qui travailleront le jour et feront des ménages la nuit, des cadres confirmés renonçant à leur ancienneté pour consentir à un salaire de débutant, et des retraités condamnés à bosser au noir pour payer leur loyer.

Tout le monde serait impacté par un bouleversement du marché du travail résultant de la fin des prestations, des minimas sociaux, et des protections des travailleurs. Malheur à celui qui n’a que son talent, sa compétence, et sa force de travail pour vivre, car ce qu’il croit être la juste récompense de ses efforts est aujourd’hui sérieusement menacé par le projet libéral et par les plans de Bruxelles.

C’est pourquoi nous tous, ceux des classes modestes comme ceux des classes moyennes, les actifs comme non actifs, ceux qui bossent 50 heures par semaine comme ceux qui subissent 15 heures à temps partiel, les étudiants comme les retraités, les malades et ceux qui ne le sont pas encore... Nous devons tous désirer l’État providence !

Le triomphe de l’État providence, tel est le combat pour lequel je lutterai jusqu’à mon dernier souffle.

Seul l’État providence rendra au peuple français la Démocratie que les élites capitalistes lui ont confisquée. Seul l’État providence empêchera ces fripouilles et leurs idéologues de traiter les Français comme du bétail.

Évidemment, j’entends déjà les abrutis beugler de concert : « Oui mais combien ça va coûter ? ». La réponse est claire, ça coûtera cher, et même très cher ! C’est hélas la facture que nous laisse les monomaniaques du “combien ça coûte“ qui ont délibérément sacrifié les investissements nécessaires à la modernisation de nos infrastructures et à la régénération des services de l’État. Cela coûtera cher parce que la sauvegarde de l’État n’est possible qu’en conjurant la malédiction du « toujours trop tard et trop peu ! » qui caractérise toutes nos politiques publiques depuis 40 ans.

Rien que pour préserver l’essentiel dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’éducation, la santé, la justice, la police, l’armée, et les infrastructures vitales, c’est 250 milliards d’euros qu’il faudrait ajouter au budget de l’État. Cela chaque année, et pendant au moins cinq années consécutives afin de prévenir les désastres susceptibles de détruire le principe même de l’État France.

Mais à nouveau, reprend le concert des abrutis du “combien ça coûte“ qui hurlent à l’écoute d’un tel chiffre. Lors mes propos sur L’IMPÔT et sur LA MONNAIE, j’ai eu l’occasion de vous entretenir sur la problématique du financement de l’action publique, et je vous invite à les consulter. Mais le message que je veux faire passer ici n’autorise pas l’ambiguïté, car les citoyens attendent de leurs hommes politiques qu’ils fassent de la politique, et pas de la comptabilité... C’est un autre métier !

Je frissonne en songeant aux réflexes imbéciles de ces technocrates qui pullulent dans notre classe politique. Comment réagiraient-ils face à certaines tragédies qui parfois traversèrent l’Histoire de France.

Si la France endurait une guerre, devant faire face à un agresseur. Nous aurons encore des inconscients pour dire : « Oui mais une guerre, combien ça va coûter ? » Si nous sommes frappés par une épidémie planétaire, si des centaines de milliers de Français se retrouvent contaminés par un virus dévastateur... Nous aurons encore des abrutis pour dire : « Oui mais soigner tous ces gens, combien ça va coûter ? »

Rétablir l’État providence ne servira pas seulement à rendre sa colonne vertébrale à notre Nation, ce ne sera pas seulement garantir la protection de tous, ce ne sera pas seulement redonner du sens à la démocratie...

Ce sera aussi poser une pensée juste, qui remettra l’action politique sur les rails de l’intérêt général. Vouloir l’État providence, c’est juste défendre notre dignité d’être humain !

Je vous remercie de votre attention